(vase)

athens-mus-mycenaean005

Les rayons des fils électriques et les vols épars d’un oiseau, freux, corneille, parfois un martinet, c’est devenu rare. Les mouettes par bandes, rasant l’Adour glauque. Le jour se lève, il n’est pas brillant. S’il se lève pourtant c’est hissant un souvenir : le danger. Vite, quelqu’un à la rescousse. On a beau parler, on a beau se tenir terrible de tout corps (petits morceaux, tombés caressés), vite, vite, quelqu’un. C’est que le morceau est tombé et qu’il est question de ne jamais s’arrêter avant de pouvoir le ramasser : on va aller jusqu’au bout, dit-on, dis-tu, pense-t-on, penses-tu, on va aller jusqu’après, jusqu’à derrière la peau, écorchement et voile dernier, on va (amour) chercher avec cruauté ce qui échappe, on va fouiller derrière la peau et les pores, dans la chair vive, dans les tripes, le coeur, l’âme. C’est à dire le corps. Se taire. C’était le véritable instant du danger. C’était celui qu’on cherchait. Dans ces cas-là et ces matins-là, après la route (éventuellement les tempêtes) on est sans un mot. Et le pire, sans un regard.
Celui que tu aimais, que tu croyais aimer, désirer, l’objet du fond du vase, tu ne le vois pas. Tu regardes, mais son absence.

Une réflexion au sujet de « (vase) »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *