La fresque perdue, recouverte, de Léonard de Vinci, à laquelle on n’a pas accès, La Bataille d’Anghiari ; Paloma, La Femme qui traverse ce récit (qui court) ; le peintre Rueda, fils de fasciste ; Goio, l’homme que rencontre l’auteure, une correspondance s’établit et mène au récit, une guerre silencieuse, au secret – une lutte ?, des morts et des prisonniers politiques (Goio emprisonné) ; l’ETA, Euskadi Ta Askatasuna (ou Pays basque et liberté, en basque) ; et puisque personne ne peut vraiment parler alors Marie Cosnay convoque ceux, des chevaliers, qui traversent ce territoire, et le sien plus vaste de ses lectures ou des séances de cinéma, Jeremiah Johnson comme témoin-interprète d’une tragédie ; Marie Cosnay interroge ; elle-même, aussi, compte tout, les années – les siennes, les morts, les oiseaux, les mégawatts… Après À notre humanité, la Commune de Paris, le massacre des communards, et avant la guerre faite aux sans papiers, Entre chagrin et néant et Comment on expulse, responsabilités en miettes, et encore une vingtaine de textes, voici La Bataille d’Anghiari.

L’engagement dans la langue, même dans le travail le plus contemporain, s’enracine dans ses strates profondes. Elles sont assez nombreuses pour chacun y trouve ses affinités, ses ateliers.
La fille n’en avait pas fini d’ouvrir la porte cochère. Kemal avait dit quelque chose, je n’avais pas bien compris. Je le regardais. S’il pouvait continuer un peu. Je me serrai contre lui. Il me pinça le bras. La fille poussait sur la porte de tout son poids et cela m’amusa que Kemal désirât s’approcher. Je le regardais, j’avais une sorte de paysage inventé dans mon dos, au loin quelque chose fumait, nous étions habitués. Kemal s’approchait de la fille, elle tenait en bandoulière un sac qui portait une inscription concernant la foire du livre de Sao Paulo.







